Logements Dainville – Immeuble & Maisons
Maître d'Ouvrage
Maisons et Cités
Surface et localisation:
1.716 m2 à Dainville
Phase du projet
Chantier en cours
Projet
Un immeuble de 16 logements et un ensemble de 7 maisons
Une opération résidentielle à double échelle
À Dainville, dans le secteur du Champ Bel Air, le projet se déploie sur deux sites proches mais distincts, selon une logique d’ensemble qui articule deux manières d’habiter : un collectif de 16 appartements et un ensemble de 7 maisons individuelles. Cette composition en deux temps permet de proposer une offre résidentielle diversifiée tout en conservant une cohérence urbaine et architecturale à l’échelle du quartier. Le collectif prend place rue des Deux Caps, tandis que les maisons s’implantent rue du Cap Gris-Nez, au sein d’un tissu résidentiel en cours de constitution. Les deux opérations sont portées par Maisons et Cités, maître d’ouvrage majeur du logement dans les Hauts-de-France, engagé ici dans une production de logements sociaux attentive à la qualité d’usage comme à la tenue architecturale.
Les très belles photographies réalisées par Bénédicte Rousseau, photographe professionnelle, montrent bien ce qui fait l’intérêt de l’ensemble : une architecture sans effet gratuit, mais travaillée dans ses proportions, ses retraits, ses matières et sa relation au sol. Le projet ne cherche pas à imposer un objet spectaculaire. Il construit plutôt un cadre habité, où la diversité programmatique se traduit par une diversité de silhouettes, d’ambiances et de rapports au paysage.
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Le collectif : une présence contemporaine, découpée et habitée
Le bâtiment collectif est la pièce la plus affirmée de l’opération. Il développe un volume principal en R+2, accompagné de volumes plus bas en RDC et R+1, de façon à fragmenter sa masse et à alléger sa présence dans le quartier. Cette composition par décrochements donne au bâtiment une silhouette moins compacte, plus habitée, et produit une façade animée par les variations de hauteur, les retraits et les prolongements extérieurs. La toiture, entièrement terrasse, accompagne cette écriture contemporaine et renforce la netteté géométrique de l’ensemble.
L’écriture matérielle repose sur un jeu fin entre enduit gris clair, bardage à claire-voie aspect bois et tôle ajourée gris anthracite. L’enduit constitue le fond calme du projet. Le bardage aspect bois vient souligner certains décrochés, envelopper des volumes saillants et accompagner des panneaux coulissants qui prolongent certaines baies. Quant à la tôle ajourée anthracite, elle donne leur caractère aux garde-corps, aux allèges et au volume du local vélos, marquant l’entrée de l’immeuble avec une présence plus dense et plus minérale. Cette palette, sobre mais précise, produit un bâtiment à la fois chaleureux et maîtrisé, où chaque matériau participe à la hiérarchie des volumes.
Ce qui fait surtout la qualité du collectif, c’est sa capacité à donner à des logements superposés une sensation d’épaisseur et d’individualité. Les terrasses, balcons et jardins privatifs du rez-de-chaussée ne sont pas de simples annexes. Ils participent pleinement à la composition architecturale. Les retraits, les avancées et les variations de garde-corps produisent une façade vivante, jamais répétitive, où la vie domestique trouve naturellement sa place. Le bâtiment tient ainsi un équilibre juste entre compacité constructive et générosité d’usage.
Un rapport au sol et au paysage particulièrement soigné
L’implantation du collectif au centre de sa parcelle n’est pas neutre. Elle permet d’ouvrir des jardins privatifs pour les logements du rez-de-chaussée, d’aménager un jardin collectif à l’ouest, et de ménager une séquence d’entrée accompagnée par un verger. Cette présence végétale n’est pas accessoire : elle donne de l’épaisseur au projet, accompagne les cheminements et installe une qualité résidentielle très perceptible. Le stationnement est regroupé de manière rationnelle sur le côté, avec 16 places et la possibilité d’en créer 4 supplémentaires selon la commercialisation, tandis que le local vélos est placé à proximité immédiate de l’entrée principale.
Cette composition paysagère évite au bâtiment d’apparaître comme un simple objet posé sur une parcelle. Il s’inscrit au contraire dans un sol travaillé, avec des limites, des usages collectifs et des espaces extérieurs différenciés. C’est un point important : l’intérêt du collectif ne tient pas seulement à sa façade, mais à sa manière d’organiser le vivre-ensemble à petite échelle.
Les maisons : rythme, décrochés et identité domestique
Les 7 maisons individuelles prolongent cette recherche, mais sur un autre registre. Ici, la qualité du projet tient à la manière dont une séquence de logements mitoyens par les garages échappe à toute monotonie. Les volumes ne s’alignent pas selon une répétition stricte. Ils se décalent légèrement, changent de profil, varient entre T3 et T4, et s’adaptent à la pente de la rue du Cap Gris-Nez. Cette adaptation topographique donne au front bâti une animation naturelle, renforcée par les différences de hauteurs, de faîtages et de pentes de toiture. Les garages intercalés jouent un rôle décisif : ils créent des respirations, limitent les mitoyennetés directes entre pièces à vivre et contribuent à individualiser les logements.
Le traitement architectural des maisons est particulièrement réussi parce qu’il associe simplicité volumétrique et richesse de perception. La base du projet repose sur un enduit gris clair et un soubassement en briques gris clair, mais cette base est réveillée par plusieurs dispositifs : des inserts en bardage à claire-voie aspect bois, des encadrements anthracite autour de certaines baies, et surtout une palette de teintes chaudes qui anime les façades. Les tons ocre, terre cuite, beige doré ou brun doux introduisent une variété subtile d’une maison à l’autre. Ils donnent de la présence au linéaire bâti et évitent toute lecture uniforme.
Sur les photographies, cette qualité saute aux yeux : les maisons composent une séquence résidentielle très vivante, où les couleurs, les décrochés et les changements de gabarit construisent une rue plus habitée, plus nuancée, plus accueillante qu’un simple alignement de façades identiques. Le projet trouve là une forme de justesse : proposer une écriture domestique identifiable, sans ostentation, mais avec suffisamment de singularité pour que chaque logement existe dans l’ensemble.
Une densité maîtrisée, une vraie qualité d’habiter
Pris ensemble, le collectif et les maisons montrent qu’il est possible de produire une densité résidentielle réelle sans sacrifier ni l’échelle domestique, ni la qualité d’usage, ni la présence du paysage. Le projet compose avec finesse deux types d’habitat complémentaires : le collectif, plus compact et plus contemporain dans son expression, et les maisons, plus directement inscrites dans l’imaginaire pavillonnaire, mais retravaillées avec intelligence.
À Dainville, ARCHIFIX construit ainsi bien davantage qu’une juxtaposition de logements. L’agence met en place une petite grammaire résidentielle faite de volumes découpés, de matières sobres, de bardage à claire-voie aspect bois, de couleurs mesurées et d’espaces extérieurs réellement habitables. C’est cette cohérence d’ensemble, alliée à la précision des détails, qui donne au projet sa qualité la plus durable.
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