Plateforme logistique DPDO – Thiant
Maître d'Ouvrage
DPDO
Surface et localisation:
9.345 m2 à Thiant
Phase du projet
Chantier en cours
Projet
À Thiant, dans un contexte de zone d’activités à vocation productive, DPDO implante une plateforme logistique neuve destinée à structurer durablement son exploitation. L’entreprise revendique quarante ans d’expérience dans la distribution d’accessoires et de pièces détachées pour l’équipement de la maison. Ce positionnement implique une organisation logistique capable de gérer un grand nombre de références, des volumes variables, des rotations rapides et une exigence de continuité de service. ARCHIFIX traduit ces enjeux en architecture construite : un bâtiment rationnel, lisible, évolutif, qui assume sa dimension industrielle tout en soignant la qualité d’image.
Le projet est classé au titre des Installations Classées pour la Protection de l’Environnement, rubrique 1510. Cette donnée n’est pas un simple cadre réglementaire : elle influence l’écriture constructive, l’organisation des cellules, la conception incendie et la manière d’implanter le bâtiment sur sa parcelle. ARCHIFIX compose ainsi un outil de production robuste dans son fonctionnement, mais aussi maîtrisé dans sa présence urbaine et dans sa perception extérieure.
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Contexte et implantation : le plan masse comme outil de performance
Le site s’inscrit dans un paysage d’activités où dominent les grandes échelles, les flux routiers et les logiques d’exploitation. Dans ce type de contexte, la lisibilité est un levier d’efficacité : l’implantation doit limiter les conflits de circulation et sécuriser les manœuvres.
Le plan masse organise une hiérarchie claire des flux. Les flux PL, dédiés aux approvisionnements et expéditions, sont séparés des flux VL liés aux bureaux et aux visiteurs. Cette séparation n’a rien d’anecdotique : elle sécurise l’exploitation, réduit les zones de croisement, clarifie les parcours et améliore la performance quotidienne. Les quais PL sont positionnés de manière à desservir directement les cellules, avec des aires de manœuvre dimensionnées pour des ensembles articulés, ce qui limite les manœuvres complexes, les temps d’attente et l’usure prématurée des infrastructures.
Le projet intègre des merlons périphériques qui jouent un rôle à la fois économique, paysager et technique. Leur logique est simple et efficace : ils sont réalisés à partir des déblais issus du terrassement, ce qui évite l’évacuation de matériaux et traduit une maîtrise rationnelle du chantier. Cette solution, économiquement pertinente, contribue aussi à l’intégration du bâtiment dans la zone d’activités en atténuant son impact visuel depuis l’espace public. Enfin, ces merlons participent à la stratégie de limitation de certains flux thermiques vers l’extérieur en cas de sinistre, ce qui renforce la cohérence globale du dispositif ICPE sans recourir à des aménagements coûteux.
Volumétrie : assumer la hauteur, maîtriser la perception
Le volume principal est conçu pour un stockage sur 10 mètres de hauteur. Cette hauteur utile constitue une donnée majeure : elle conditionne l’optimisation de la capacité de stockage et limite l’emprise au sol. ARCHIFIX assume cette verticalité comme une expression directe de la fonction du bâtiment. L’objectif n’est pas d’effacer l’échelle logistique, mais de la rendre lisible, ordonnée, correctement proportionnée.
Le parti volumétrique repose sur une composition simple, compréhensible immédiatement : un grand volume de stockage, stable et cohérent, auquel s’adosse un volume tertiaire qui se distingue par sa matérialité et son rythme. Cette hiérarchisation par volumes évite la confusion entre fonctions. Elle permet également de renforcer l’image d’entreprise, en donnant aux bureaux un rôle d’adresse et de façade, tandis que les cellules affirment leur caractère industriel.
Façades : différencier, rythmer, animer
ARCHIFIX accorde une attention particulière aux façades, non pas dans une logique décorative, mais comme un outil de hiérarchisation et de lecture.
Les cellules de stockage et les locaux techniques sont traités majoritairement en bardage métallique CADENCE XL posé verticalement. Cette verticalité accompagne la hauteur du bâtiment et renforce une lecture industrielle claire. Elle installe une trame régulière, robuste dans sa perception, cohérente avec la répétition constructive et la logique de cellule.
Sur les cellules Est et Ouest, des bardages en panneaux sandwich lisses EI120 sont posés horizontalement. Leur fonction première est technique : ils participent au blocage des flux thermiques vers certaines façades afin de contenir ces flux à l’intérieur du site, en cohérence avec les calculs Flumilog. ARCHIFIX transforme cependant cette contrainte en qualité d’architecture. La pose horizontale, qui contraste avec la pose verticale des autres bardages, introduit une vibration graphique et anime les façades. Le bâtiment gagne ainsi en relief et en lecture, sans ajout de complexité inutile. Ce jeu de lignes, vertical contre horizontal, produit une variation perceptible à l’échelle du site, et permet de distinguer certaines faces du volume en fonction de leurs contraintes.
Le bardage ONWOOD est réservé aux bureaux, précisément pour les différencier des cellules de stockage et des locaux techniques. Le matériau, un acier laqué qui imite des tasseaux en bois, est utilisé de manière mesurée, car il est plus onéreux. Cette parcimonie renforce d’ailleurs son efficacité : il signale l’espace tertiaire, apporte une tonalité plus chaleureuse et construit une adresse, sans prétendre habiller tout le bâtiment. Le contraste entre l’écriture “bois” des bureaux et l’écriture métallique des cellules clarifie immédiatement la hiérarchie des fonctions.
Ainsi, l’écriture architecturale repose sur une logique lisible : une enveloppe industrielle verticale pour les volumes logistiques, une ponctuation horizontale en panneaux lisses EI120 là où les exigences thermiques l’imposent, et une signature tertiaire ONWOOD qui marque l’entrée et l’identité administrative.
Organisation intérieure : logique “faux camion”, zones de préparation, confort ciblé
L’organisation intérieure est conçue pour la performance opérationnelle. Le stockage en hauteur est associé à une implantation de racks adaptée à la diversité des références. Les zones situées entre les portes des quais et les racks sont dimensionnées selon le principe du “faux camion”. Concrètement, l’espace entre quais et racks est calibré pour reproduire virtuellement l’emprise d’un camion à quai, afin d’organiser la préparation des commandes, les palettes et la mise en attente, sans bloquer les flux internes. Ce dimensionnement évite les goulots d’étranglement, sécurise les cheminements de manutention et permet d’absorber les pics d’activité dans de bonnes conditions.
Les cellules sont chauffées à +5°C, à l’exception des zones de préparation, qui reçoivent un chauffage spécifique par radiants. Ce choix est cohérent : il maintient une température de fond maîtrisée dans de grands volumes tout en apportant un confort ciblé là où les opérateurs stationnent et travaillent. ARCHIFIX participe ainsi à une logique d’économie d’exploitation, où l’énergie est apportée au bon endroit, au bon moment, sans surchauffer l’ensemble du volume.
L’éclairage artificiel dans les cellules est géré automatiquement et par zones. Cette sectorisation permet d’éclairer uniquement les espaces utilisés, avec un objectif clair de sobriété énergétique. Elle améliore aussi le confort d’usage, en évitant des niveaux d’éclairement inutiles sur des zones inactives, tout en garantissant la lisibilité des parcours et la sécurité.
Bureaux : qualité d’usage et confidentialité
Le volume de bureaux, en façade, n’est pas un simple appendice administratif. ARCHIFIX le traite comme une interface entre l’entreprise et son environnement, et comme un espace de travail qualitatif.
Certains bureaux sont conçus avec une acoustique renforcée : parois, plafonds et menuiseries font l’objet d’un traitement spécifique afin d’assurer la confidentialité des propos tenus. Cette donnée est importante dans une activité où les échanges internes, les relations fournisseurs et clients, et certaines discussions opérationnelles nécessitent discrétion et confort.
La différenciation architecturale du volume tertiaire par l’ONWOOD s’accompagne donc d’une différenciation d’usage : l’adresse et l’image se doublent d’une qualité intérieure, adaptée aux besoins réels des équipes.
ICPE 1510 et sécurité incendie : stabilité au feu, flux thermiques, compartimentage
Le projet intègre une approche incendie structurée, cohérente avec son classement ICPE 1510.
Les calculs Flumilog guident la stratégie de limitation des flux thermiques. Une partie de la charpente est traitée en R120. Les panneaux sandwich EI120 participent au blocage des flux thermiques, notamment sur certaines façades Est et Ouest, afin de contenir ces flux à l’intérieur du site. Cette articulation entre calcul, matériau et façade est intéressante : une exigence technique produit aussi une écriture architecturale, grâce à la pose horizontale des panneaux lisses.
Le compartimentage entre cellules est assuré par des murs REI120 en maçonnerie, avec émergence en toiture et en façades. Ce point est essentiel : ce sont ces parois REI120 maçonnées, et leur émergence, qui assurent la limitation de propagation d’un sinistre d’une cellule à l’autre. ARCHIFIX veille à ce que cette logique reste lisible et intégrée, sans surcharger le discours de normes, mais en montrant que la sécurité est pensée comme une composante structurante du projet.
Le désenfumage est dimensionné pour répondre aux exigences liées au fonctionnement du bâtiment et à sa configuration. L’objectif, au-delà de la conformité, est de sécuriser l’exploitation et d’inscrire le projet dans une logique de continuité d’activité.
Les merlons complètent ce dispositif. Leur rôle n’est pas seulement paysager : ils participent également à la logique de limitation de certains effets thermiques vers l’extérieur, tout en étant une solution économique puisqu’ils évitent l’évacuation des déblais. C’est typiquement le genre de décision qui rend le projet à la fois intelligent, crédible techniquement, et cohérent économiquement.
Toiture : anticipation photovoltaïque et évolutivité
La toiture est conçue pour recevoir des panneaux photovoltaïques. Cette anticipation n’est pas un argument générique : elle s’appuie sur une réalité constructive, celle d’une grande surface de toiture disponible sur un volume logistique. ARCHIFIX intègre cette possibilité dès la conception, ce qui permet d’envisager une évolution énergétique du site sans remise en cause lourde de l’ouvrage. La toiture devient ainsi un potentiel, un support d’amélioration future, et un marqueur de pérennité.
Études spécifiques : foudre et éclairage extérieur
Le projet s’appuie sur une étude foudre, adaptée à la nature du bâtiment et à sa configuration. Cette étude sécurise l’exploitation et participe à la fiabilité de l’outil industriel.
L’éclairage extérieur est également étudié. L’objectif est d’assurer la sécurité des quais, la lisibilité des parcours, et un usage nocturne maîtrisé, tout en limitant les effets indésirables. Cette approche renforce la qualité d’exploitation et participe à une image de site bien tenu, où la technique sert l’usage.
Valeur stratégique et lecture “transmissible”
Ce projet illustre la capacité d’ARCHIFIX à traiter une opération logistique neuve sous contrainte ICPE, en intégrant simultanément la performance d’exploitation, la sécurité incendie, la rationalité économique et la qualité d’image. Pour un lecteur “prospect” ou “repreneur”, la valeur est double.
D’une part, l’opération démontre une maîtrise des sujets logistiques concrets : flux PL/VL, dimensionnement intérieur, principe du faux camion, gestion thermique ciblée, éclairage automatique par zones, stockage grande hauteur, cohérence de trame et de fonctionnement. D’autre part, elle démontre une capacité à coordonner des exigences réglementaires exigeantes sans alourdir l’architecture, en transformant certaines contraintes en éléments d’écriture, comme la pose horizontale des panneaux lisses EI120.
ARCHIFIX montre ainsi un savoir-faire reproductible, structuré, et capable de sécuriser des projets d’envergure, ce qui est un point clé dans une logique de transmission et de continuité d’activité.
Conclusion
La plateforme DPDO à Thiant constitue un outil industriel et logistique complet, pensé pour la performance, la sécurité et la durabilité. L’architecture assume la grande échelle, mais elle la structure : hiérarchie des volumes, différenciation claire des bureaux par l’ONWOOD imitation tasseaux, animation des façades par l’alternance des poses verticales et horizontales, et intégration fine des exigences ICPE.
Par la précision du plan masse, la maîtrise des flux PL, la rationalité économique des merlons, l’anticipation photovoltaïque et la cohérence des dispositifs incendie issus des calculs Flumilog, ARCHIFIX livre une architecture industrielle contemporaine, lisible et évolutive, qui accompagne la stratégie d’entreprise de DPDO et renforce la valeur du portefeuille de références.
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